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« Cosme », ou la rencontre des poètes

  • Guillaume et Cosme
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Sorti en mars dernier, le premier roman de l’excellent humoriste et journaliste Guillaume Meurice a souvent été vu sur les plages cet été. Et pour cause, parmi les grands auteurs, il y en a un qui pose toujours question : Arthur Rimbaud. L’homme, le poète, le trafiquant d’armes, ses écrits, sa vie… Tout chez lui interroge. Alors, quand plus d’un siècle plus tard, il se retrouve confronté à un autodidacte singulier sous la plume d’un nouvel auteur, le résultat est d’une claire « voyance » remarquable et remarquée.

C’est le Graal de la poésie française. S’il ne fallait garder qu’une dizaine de poèmes de tous les temps, il en ferait partie. Rares sont les français à ne pas avoir eu affaire à lui de près ou de loin. Voyelles, est un sonnet en alexandrins, l’un des plus célèbres poèmes de l’enfant terrible de la littérature française : Arthur Rimbaud.



Seulement voilà, l’œuvre n’est pas le Graal pour rien et possède un côté mystique. En effet, sa signification reste aujourd’hui encore obscure. Et bon nombre de chercheurs, professeurs, érudits et rimbaldiens en tout genre s’y sont frottés. Poème érotique pour Robert Faurisson, professeur négationniste, analogie des couleurs et des voyelles pour l’anthropologue Claude Lévi-Strauss… Du simple jeu basé sur un abécédaire d’enfant à la vision du fameux Voyant que Rimbaud souhaite être en tant que poète en passant par le tour de force de l’alchimiste du verbe, les théories fusent et le poème publié en 1883 par un certain Paul Verlaine reste un fantasme fantastique.



Alors, quand Guillaume Meurice, humoriste podcasté chaque jour par plus de deux millions de personnes pour ses chroniques quotidiennes dans l’émission « Par Jupiter ! » de France Inter rencontre Cosme Olvera, c’est le coup de foudre amical. À l’époque, le trublion fait son premier one-man-show dans un petit café-théâtre du 20e arrondissement de Paris. Son régisseur, fils d’immigrés espagnols, au cours d’une de leurs conversations, lui confie détenir la clef du poème Voyelles.



Rimbaldien hors norme



Dix ans plus tard, profitant de sa célébrité, Guillaume Meurice décide de raconter l’histoire de ce personnage atypique, de son enfance dans les rues de Biarritz à sa chambre de bonne parisienne en passant par les combines de banlieues et son service militaire. Une vie faite de rencontres, d’heures à jouer aux échecs, de petits boulots, de vie précaire. Mais la vie de cet autodidacte non diplômé « même pas du bac », amoureux de lecture et doté d’une logique incroyable va, par hasard, se retrouver confrontée au grand Arthur Rimbaud.



Celui qui se décrit comme « technicien de surfaces poétiques » va alors se transformer en enquêteur poétique. Il devient rimbaldien insolent, quel pléonasme ! Mais reste un rimbaldien cartésien, quel oxymore ! Et livrera au lecteur la clef de l’énigme du poème, et ce, comme on fait une démonstration scientifique.



Premier roman, « Cosme » est stupéfiant de bon sens. Pied de nez aux catégories sociales – ce marginal est celui qui comprend le grand Rimbaud -, pied de nez au temps – Cosme finira par répondre à Arthur Rimbaud, 146 ans plus tard-, mais aussi pied de nez aux cases professionnelles strictes – Guillaume Meurice n’a certes pas déchiffré Voyelles, mais prouve être un artiste multifonctions, capable d’interviews rocambolesques au coin d’une rue, de jouer de la guitare, mais aussi d’écrire un roman malin, efficace et nouveau dans son genre –.



Synopsis



Cosme ou l’histoire d’un fils d’immigrés espagnols, agrégé de rien, pas même bachelier, qui découvre le Graal de la poésie française : le sens caché du sulfureux et mystique poème de Rimbaud, Voyelles.


À vous de déchiffrer Voyelles d’Arthur Rimbaud

A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,

Je dirai quelque jour vos naissances latentes :

A, noir corset velu des mouches éclatantes

Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

Golfes d’ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,

Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d’ombelles ;

I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles

Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;

U, cycles, vibrement divins des mers virides,

Paix des pâtis semés d’animaux, paix des rides

Que l’alchimie imprime aux grands fronts studieux ;

O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,

Silences traversés des Mondes et des Anges :

- O l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux !


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