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Banque alimentaire de l’Ain : « Il faut absolument que les gens viennent vers nous »


79 Banques alimentaires réparties sur 100 sites couvrent le territoire national. Dans l’Ain, rue Suzanne Valadon à Bourg-en-Bresse, ce sont 105 bénévoles qui œuvrent toute l’année pour venir en aide à 7 000 personnes en difficulté. Bien moins médiatisée que Les Restos du Cœur, la Banque alimentaire est pourtant en pleine ébullition en ce début du mois de novembre. Et pour cause, la grande collecte annuelle va avoir lieu les 29, 30 novembre et 1er décembre. Un événement pour lequel les volontaires manquent cruellement. Explications avec Claude Bellu, vice-président de la Banque alimentaire de l’Ain.

Quelles sont vos missions ?



Notre philosophie, c’est nourrir l’humain et éviter le gaspillage. Notre mission, c’est de collecter des denrées alimentaires et un peu de produits d’hygiène. On fonctionne exclusivement sur le don, on achète aucun produit. Et on redistribue au sein d’associations qui apportent de l’aide alimentaire comme les Restos du cœur, le Secours populaire, le Secours catholique… Il y a 54 associations qui se servent chez nous, la grande majorité sont des unités locales de La Croix Rouge.



Il y a une démarche écologique dans le sens où si nous n’allions pas collecter ces produits, ils passeraient à la poubelle. Depuis la loi Garot, loi anti-gaspillage mise en vigueur en 2016, les magasins ont l’obligation de donner leurs invendus prioritairement à l’humain, puis aux animaux ou en troisième lieu en valorisation énergétique. Ça a légalisé le système.



Combien y-a-t-il de bénévoles dans l’Ain ?



Nous sommes 105 bénévoles et 4 salariés, dont une responsable d’entrepôt, une secrétaire comptable, une responsable de gestion pour la traçabilité et une diététicienne. Elle parcourt avec un camion les associations pour animer des ateliers de cuisine, l’idée étant de créer du lien et de réapprendre à manger sain, de faire du pain perdu ou cuire du riz plutôt que d’ouvrir une boite de raviolis, par exemple.



Concrètement, comment s’articule votre action ?



Nous avons 4 camions qui tournent chaque matin dès 6 h 30. Ils récupèrent des denrées en supermarché ou en entreprise comme des producteurs ou des laiteries, et rentrent vers 11 heures à l’entrepôt. Là, les produits sont triés, pesés, enregistrés, et réaffectés avec un bon de sortie pour l’association qui attend. La traçabilité est assurée de bout en bout. Nous avons une problématique forte qui est la gestion des produits alimentaires avec le respect de la chaine du froid. Nous avons un fonctionnement similaire à celui d’une entreprise, avec les mêmes contraintes.



Comment se répartissent les produits parmi les associations ?



D’abord, on sépare les produits frais, qui doivent repartir immédiatement, puis le sec. On répartit en connaissance de causes avec les associations, selon leur nombre de bénéficiaires. Elles viennent chacune une ou deux fois par semaine, les jours où elles ont une redistribution l’après-midi. Pour le sec, elles passent un bon de commande avec leurs besoins et en mettant leur nombre de bénéficiaires. Le ratio fait qu’avec 1 € rapporté à la Banque alimentaire, on est capables de faire 5 repas.



Quelles sont vos autres sources d’approvisionnement ?



Sur les 1130 tonnes de produits collectés l’année dernière, il y a trois sources. D’abord, il y a la ramasse, c’est ce que l’on fait tous les matins et toute l’année avec les camions. Ensuite, il y a les produits issus du Fonds européen d'aide aux plus démunis (FEAD). Et enfin, il y a notre collecte annuelle de fin novembre, dans une centaine de magasins sur l’ensemble du département où l’on sollicite les gens pour nous donner des produits secs. L’année dernière, on a fait 132 tonnes sur ces 2-3 jours. Le point crucial, c’est qu’il nous faut 1600 bénévoles les 29, 30 et 1er décembre, pour tenir tous les magasins, et ça c’est le casse-tête chinois. Même si les bénévoles n’ont que 3 heures à offrir, on gère des plannings selon les magasins. Mais c’est loin d’être plein, on a encore besoin de monde. Il faut absolument que les gens viennent vers nous.



Rejoignez les Gilets orange



• La grande collecte annuelle de la Banque alimentaire aura lieu les 29, 30 novembre et 1er décembre. 

• En donnant 3 heures de son temps, vous pouvez aider à collecter dans l’un des 110 magasins de l’Ain, en précisant une commune préférentielle, un jour et une plage horaire. 

• Plus d’infos : ba010.collecte@banquealimentaire.org


Le saviez-vous ?

Les premières banques alimentaires se sont constituées aux États-Unis à la fin des années 1960. La première food bank ouvre à Phoenix (Arizona) en 1967. Sur le modèle américain, la première banque alimentaire européenne ouvre en France en 1984 à Arcueil. Des banques se sont développées par la suite dans d’autres pays d’Europe. Toutes ces fédérations nationales sont regroupées au sein de la Fédération européenne des banques alimentaires, qui fut créée en 1986.


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