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Des finances suisses en berne et voilà le projet de tramway menacé


Voilà des années qu’on en entend parler, des mois que l’on y croit et des jours que l’inquiétude est montée d’un cran. En effet, en revoyant son projet d’agglomération 3, la Confédération suisse menace la réalisation de l’extension du tramway Meyrin/CERN/Saint-Genis. Une décision qui créée bien des remous côté français. Explications.

MOBILITÉ : Un tramway nommé Désir



C’est un véritable coup de massue qu’ont reçu les habitants du pays de Gex, les frontaliers et par ricochet leurs élus, le 17 janvier dernier, lorsque la Confédération suisse a annoncé sa volte-face quant à certains projets du Grand Genève, faute de financements. En effet, en ouvrant la procédure de consultation portant sur les projets d’agglomération de troisième génération, le Conseil fédéral passait de 1,68 milliard de francs pour la deuxième génération, à 1,12 milliard de francs pour la nouvelle. Une réduction considérable de sa participation financière à l’ensemble des projets d’agglomération. Et une fois n’est pas coutume, c’est le thème de la mobilité qui trinque, n’en déplaise aux frontaliers, presque habitués à être négligés sur ce point. Car ainsi, seul un projet de mobilité sur six est maintenu pour la période 2019-2022. Une vague d’inquiétude est donc montée dans le pays de Gex : la prolongation du tramway au rond-point Porte de France de Saint-Genis-Pouilly est désormais compromise.



Avec 1,3 % de croissance démographique annuelle, l’Ain fait partie des départements les plus dynamiques de France. Selon l’Insee, le département aura même la troisième plus forte croissance démographique annuelle nationale entre 2013 et 2050 ! Concrètement, c’est le pays de Gex qui fait office de locomotive lancée à toute vitesse, passant de 100000 à 120000 habitants d’ici 2030.



Sur un territoire qui compte plus de 50% de frontaliers, supportant également le flux du bassin bellegardien, l’encombrement des voitures est donc loin d’être résolu et l’arrivée tant attendue du tramway sur Saint-Genis-Pouilly devait soulager ce capharnaüm routier. « Chacun a pu noter l’encombrement routier qui s’aggrave de Porte de France à Saint-Genis-Pouilly, jusqu’au nouvel écoquartier des Vergers à Meyrin. Les stationnements et les piétons le long des voies non sécurisées entre la douane et le rond-point de l’Europe sont autant de signaux d’alerte. Cette situation ne va plus être tenable. Et c’est tout le pays de Gex qui en souffrira, le sud en premier », s’inquiète la députée LREM Olga Givernet. Car depuis ce 17 janvier, maires, président de communauté de communes, conseillers départementaux, députée… Cette fois, peu importe le bord politique, tous se tiennent vent debout face à l’annonce.



Unis avec quelques cacophonies



En effet, deux jours après, Christophe Bouvier, président de la Communauté de communes du pays de Gex (CCPG) et 1er vice-président du pôle métropolitain du Genevois français livrait son analyse quant à une décision qu’il jugeait d’ores et déjà « énigmatique ». « Le manque de grandes infrastructures de transports rend l’accessibilité du pays de Gex limitée et confine le territoire à un certain enclavement. Renforcer et fluidifier le système de transports vers la Suisse est indispensable. C’est un sujet majeur, retranscrit dans le Projet de Territoire depuis le début de la mandature. Si l’on veut répondre aux défis de demain, nous devons avoir le courage et l’audace de défendre l’arrivée d’un équipement structurant pour répondre aux besoins et aux attentes des frontaliers », insistait-il, n’hésitant pas à interpeller les instances suisses. « Ensemble, nous devons nous mettre à la table des discussions pour démontrer aux autorités fédérales la nécessité de ces infrastructures et l’importance d’un développement cohérent. Aujourd’hui, il est nécessaire que la Confédération nous entende. » La députée Olga Givernet est donc elle aussi montée au créneau. « Je ne ferai pas de la Confédération le coupable idéal. La responsabilité est collective mais ce n’est pas une fatalité. En travaillant ensemble, en dépassant nos clivages et nos frontières, nous pouvons faire aboutir ce projet rapidement. J’ai vu comment nous avons réussi à transformer les usages en France. Je sais que nous arriverons à le faire dans le bassin genevois », annonçait-elle après avoir vu l’organisation d’une réunion de tous les élus gessiens sur le sujet déprogrammée. Une annulation qui aurait été expressément demandée par Jean Deguerry, président LR du Conseil départemental.



Une motion votée



« Je déplore que certaines pressions, issues de ces instances, ont réussi à faire annuler cette première réunion. Elle avait simplement pour vocation de mettre tout le monde autour de la table. Elle n'est cependant que reportée », répondait la députée organisatrice par communiqué. « Le Département de l'Ain et la Région Auvergne-Rhône-Alpes ne peuvent être aux abonnés absents. Le Président de Région, Laurent Wauquiez, n'avait pas manqué d'user de grandes déclarations lors de ses venues. Nous ne pouvons plus nous permettre d'avoir des décideurs qui sont dans l’affichage. Ils doivent être à l'écoute des citoyens et de leurs représentants élus locaux. Nous avons besoin d’engagements et de résultats concrets. Il en va de même pour le Président du département qui doit au plus vite lancer les études prévues », continuait même Olga Givernet.



Le 25 janvier, afin de se positionner de façon unanime, les élus gessiens se sont réunis en conseil communautaire. Proposée par Hubert Bertrand, maire de Saint-Genis-Pouilly et soutenue par le président de la CCPG, Christophe Bouvier, une motion de soutien en faveur de l’extension du tramway Meyrin/CERN/Saint-Genis-Pouilly y a été votée. Un joli remue-ménage qui rappelle que même une courte distance (1,5 kilomètre d’extension) peut coûter chère (environ 50 millions d’euros) lorsqu’il s’agit de relier des politiques territoriales.


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