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Echos du Massif Jurassien : Les cités lacustres de Clairvaux et de Chalain ou la fascinante plongée dans le néolithique

  • Une maison de la cité lacustre reconstituée
  • Une maison de la cité lacustre reconstituée
  • Un Travois attelé, sorte de traineau.
  •  La hache de pierre pour travailler le bois
Il y a 6000 ans des hommes vivaient au bord de lacs jurassiens. Leurs traces permettent de mieux comprendre leur époque. Découverte.

Depuis début mai, l’Espace Archéologique de Clairvaux-les-Lacs a rouvert son univers, permettant de découvrir et comprendre la vie au quotidien des hommes et des femmes, qui vivaient ici sur les rives lacustres, il y a environ 6000 ans. Cela permet de faire un joli saut en arrière.



C’est aussi le domaine de Juliette Poulet, médiatrice culturelle et animatrice de l’exposition, située donc au premier étage de la salle de fêtes de Clairvaux, depuis 10 ans. Il y a quelques années la commune de Clairvaux a fait en sorte d’ouvrir cette exposition d’avril à octobre, alors qu’auparavant elle n’était visible que pendant trois mois l’été. Bien évidemment, les scolaires sont les premiers à venir côtoyer ce moment d’histoire de l’humanité.



La connaissance précise de cette époque néolithique, est due à des vestiges retrouvés dans les deux lacs voisins de Chalain et de Clairvaux. En effet, les archéologues qui ont fouillés les lieux à partir de 1970 ont découvert 49 villages lacustres, 32 à Chalain et 17 à Clairvaux, avec environ une dizaine de maisons par village. Ils ont pu dater que le plus ancien a été construit 3900 ans avant JC (ère néolithique), et le plus récent 800 avant JC. Entre ces deux dates, il est notoire d’observer des phases d’occupation et des phases d’abandon, et souvent aussi longues les unes que les autres.



Pour expliquer tout cela, les archéologues ont fait parler les vestiges, en mettant à jour des pieux de chêne, des objets usuels, mais aussi des matières organiques, telles que des récoltes, des restes alimentaires, et même des excréments humains. C’est pourquoi tous ces vestiges ont été inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2011, une reconnaissance mondiale. C’est leur quantité retrouvée, leur état de conservation unique après tous ces siècles passés, qui en font leur valeur universelle. «Il y a, ici, sur les deux sites, une perle !», résume Juliette Poulet.



Depuis que l’homme est homme, 99% du temps passé sur terre était le paléolithique, et l’on était chasseur, cueilleur, pêcheur, nomade... Et le 1% restant à partir du néolithique correspond aux âges des métaux, l’antiquité, le moyen-âge jusqu’au numérique de nos jours. C’est le réchauffement climatique de l’époque après la dernière grosse glaciation, la découverte de l’agriculture, de l’élevage et donc de la sédentarisation, qui en est le gros facteur. Le néolithique est ainsi la plus grosse révolution intervenue, mais on en parle jamais, on parle beaucoup plus des dinosaures. C’est à ce moment-là que commença une accélération fulgurante des progrès humains.



C’est pourquoi les vestiges de Chalain et Clairvaux sont très importants, car d’une qualité exceptionnelle de conservation dans ces deux lacs de moyenne montagne, car non fossilisés mais bien plutôt momifiés, à cause de la craie lacustre sur les lacs qui a enfermé les vestiges sans oxygène, et ainsi sans les détruire. Une visite s’impose donc dans ce sanctuaire et la visite guidée par Juliette Poulet est indispensable à suivre pour une compréhension optimale de cette lointaine partie de notre histoire, si proche en kilomètres…


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