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Entre histoire et modernité, l’ensemble scolaire Saint-Joseph entame sa mue


2017, année de travaux. Et il n’y a pas que la Ville qui a décidé de faire peau neuve. L’ensemble scolaire Saint-Joseph a entièrement repensé l’accueil de ses élèves et s’est lancé dans des travaux de grande envergure. Explications.

Tout commence en 1834, lorsque les sœurs Saint-Joseph de Lyon, déjà implantées à Bourg-en-Bresse et Bellegarde-sur-Valserine, décident de s’installer à Oyonnax afin de permettre l’éducation des enfants en zone rurale et donc, souvent pauvres. « Déjà à l’ère industrielle, l’établissement accueillait à la fois des enfants d’ouvriers et des dirigeants d’entreprise. Aujourd’hui, rien n’a changé, toutes les catégories sociales se retrouvent chez nous. Cette spécificité ne s’est jamais rompue et nous en sommes fiers. Certains établissements catholiques se sont paupérisés, d’autres embourgeoisés. Nous, nous essayons de garder cet équilibre, cette richesse », confirme Sylvain Laulagnet, chef d’établissement coordinateur et directeur du collège.



183 ans plus tard, l’ensemble scolaire Saint-Joseph accueille près de 1000 élèves, de la maternelle au collège. Un chiffre en constante augmentation ces dernières années. Alors, pour conserver un bien-être éducatif, les deux sites de l’établissement scolaire sont lancés dans un vaste projet immobilier de rénovation et de création. En effet, sur le site de l’actuelle école primaire, une nouvelle école maternelle sera construite, « afin d’avoir un vrai pôle, de la petite section au CM2. Pour les parents ayant des jeunes fratries, c’est plus pratique aussi », explique Sylvain Laulagnet.



L’occasion pour le site du collège de récupérer de l’espace. « Sur l’ancienne zone des maternelles, il y aura le pôle sciences et techniques avec l’ensemble des salles de SVT, physique et techno », précise le directeur. L’occasion également de transformer des lieux chargés d’histoire en un campus moderne : self-service, centre de documentation en face d’une salle d’études, vie scolaire, foyer pour les élèves, normes d’accessibilité handicap, passerelle ralliant les deux bâtiments… Le collège a été entièrement repensé. « Nous souhaitons proposer à nos élèves un cadre de vie agréable. 500 élèves dans une cour comme celle-ci, c’était compliqué », confirme Sylvain Laulagnet.



Une philosophie éducative



Alors les extérieurs aussi vont subir leur lot de transformations. Le bâtiment coupant la cour en deux sera démoli, laissant place à un city stade et un amphithéâtre. « Si l’on ne propose pas plus et différemment, les familles iront dans l’enseignement public, c’est normal, d’où ce vaste projet immobilier. Sur le site du collège, les bâtiments étaient vieux, on a essayé de les réintégrer au centre-ville », indique-t-il. Commençaient en novembre dernier, les travaux de l’école primaire et de la nouvelle maternelle se termineront en octobre prochain, tandis que ceux du collège s’achèveront en avril 2018.



Mais tout cela a un coût. « C’est un projet global à 3,5 millions d’euros. Nous n’avons pas ou peu de subventions publiques. Nous réalisons ces travaux sur fonds propres, soit avec l’argent des familles », explique le directeur du collège. En effet, établissement catholique, l’ensemble Saint-Joseph possède des statuts différents du public. « Nous avons deux impératifs : respecter les programmes de l’Éducation nationale et l’ouverture à tous. En échange, l’État nous laisse droit à une liberté pédagogique. Par exemple, les rythmes scolaires ne s’imposaient pas aux établissements catholiques. En septembre, nous revenons à la semaine de quatre jours, tout en gardant un accueil de loisirs organisés par l’école le mercredi matin. Notre projet, c’est de partir des besoins du jeune et de le faire cheminer sur un plan d’éducation et non l’inverse », explique Sylvain Laulagnet.



Une liberté qui permet à l’établissement de conserver son lien avec la religion. « Tous les élèves ont un éveil à la foi en primaire et en 6e et 5e, une formation humaine et religieuse obligatoire. Nous parlons, par exemple, de la paix chez les chrétiens, selon l’Évangile, on voit ensuite comment elle est déclinée chez les musulmans et chez les juifs. Ensuite, pour les élèves volontaires, il y a de la catéchèse, dès le CE2, et de l’aumônerie dès le collège. » Mais le directeur l’assure, aucun élève n’est obligé à participer aux messes ou tout autre célébration chrétienne. « On respecte la croyance de chacun. C’est pourquoi nous avons beaucoup de familles musulmanes qui viennent nous voir, en toute connaissance de cause. Ils savent que les enfants entendront parler de Jésus mais ils préfèrent cela à l’enseignement public car ils savent qu’ils sont respectés en tant que croyant. On ne tombe pas dans une laïcité qui nivellerait trop », confirme-t-il.



Un lycée catholique ?



Une philosophie qui plaît puisque le nombre de place au collège est désormais restreinte. « Nous pourrions rouvrir une classe mais il nous faut des autorisations que nous n’avons pas eu cette année. On reçoit beaucoup de demandes. Les élèves de notre école primaire sont automatiquement inscrits ici sans la moindre sélection. Cependant, on ne peut pas prendre tout le monde, pour ceux venant de l’extérieur, la sélection se fait surtout par ordre d’arrivée. » En pleine semaine du brevet des collèges, l’avenir des collégiens fait également partie des projets. En effet, à partir du lycée, la majorité des élèves rejoint l’enseignement public. « Pour rester dans l’enseignement catholique, le jeune doit partir à Bourg ou à Lyon donc en internat, avec des surcoûts pour les familles. Peu peuvent le faire », déplore Sylvain Laulagnet. Si d’aventures des autorisations se débloquaient, ouvrir des classes aux lycéens ne serait pas pour déplaire au directeur.



Lancement d’un mécénat



Avec des tarifs mensuels allant de 53 à 85€ selon les tranches de revenus des familles, la direction de l’ensemble Saint-Joseph assure que le coût des projets n’impactera pas les familles financièrement.



Alors, un appel aux dons a été lancé. Ces derniers pourront être défiscalisés à hauteur de 66% pour l’impôt sur le revenu ou à 60% au titre de l’impôt sur les sociétés. « Les dons libres de 15 ou 20 € serviront à acheter du matériel, un banc par exemple, pour les dons plus importants, il y aura une plaque sur l’amphithéâtre ou la plantation d’un arbre avec le nom du donateur », précise le directeur du collège.


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