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Et si la communication non violente (CNV) était une clé de notre société ?


Prévenir et résoudre les conflits grâce à la méthode de communication non violente, c’est ce que propose l’association oyonnaxienne « CNV de l’Ain à l’Autre ». Compréhension mutuelle, prévention de l’agressivité ou gestion des violences, le tout pour une société pacifiée et solidaire et ce, pour tous les secteurs et toutes les situations. Explications.

« Nous avons appris à parler, rarement à communiquer », explique Dominique Bouilloud, vice-présidente de l’association CNV de l’Ain à l’Autre. Derrière ces trois lettres se cache une méthode, non pas révolutionnaire ou miraculeuse, mais prête à s’adapter à toutes les situations pour mieux appréhender le rapport à l’autre et à soi : la communication non violente. Initiée dans les années 70 aux États-Unis par Marshall B. Rosenberg, docteur en psychologie, la méthode a depuis fait ses preuves en Europe puis partout dans le monde, voyant naître des associations internationales, nationales, régionales et locales. La section d’Oyonnax, créée il y a une quinzaine d’années compte désormais 120 personnes formées et rayonne à travers tout le département.



« La CNV se fonde sur l’empathie, une qualité commune à tous mais qui n’est pas obligatoirement développée. Toute la méthode tend à la développer tant au niveau de l’écoute que dans notre expression. Comment dire les choses et de façon audible à l’autre ? Plus on sera entendu, plus on a de chances d’être satisfait. Quand je suis appelée dans des réunions associatives par exemple, nous le voyons, les gens n’arrivent plus à communiquer », résume Dominique Bouilloud. Alors, face aux difficultés rencontrées à tous les niveaux de notre vie, des relations professionnels aux crises de voisinage ou familiale, la CNV donne la possibilité de rétablir le dialogue et la qualité du lien.



En cause, un langage chargé d’une histoire et d’une culture lourdes. « Le langage appris, celui dont nous héritons, vient d’un historique culturel parsemé de conflits et de guerres. Le langage est à l’image d’une société. Nous portons des jugements, collons des étiquettes ou des interprétations… La CNV aide à réapprendre à observer une situation de façon neutre », explique la formatrice. Convaincue qu’elle allait se lasser de la méthode, voilà 20 ans qu’elle avoue apprendre chaque jour. « Les gens viennent, se sont embrouillés avec leur conjoint, leur collègue, leur voisin ou leur enfant… Nous travaillons sur ces situations pour mesurer ce qui se joue pour chacune des personnes concernées par cette situation. Je vois les gens changer, le chemin qu’ils font. C’est une méthode très concrète, qui se vit au quotidien. Et c’est pour cela que c’est intéressant. Il y a une méthode en quatre points, elle est simple à comprendre, les enfants la comprennent d’ailleurs très vite, car ils sont moins formatés que nous », continue-t-elle. Un point fondamental pour les générations futures qui « vont devoir apprendre à communiquer pour résoudre des problèmes qui concernent l’humanité toute entière, comme l’environnement. »



« À un moment ou un autre, il y a des bénéfices »



À l’instar de l’apprentissage d’une langue ou d’un sport, la pratique est le seul moyen d’atteindre ses objectifs. Alors, l’association organise régulièrement des stages, des conférences et même des ateliers-rencontres sur demande et gratuitement afin de présenter la CNV de façon pratique. « Nous allons dans les associations, en entreprise, dans les institutions ou chez les particuliers qui invitent leur entourage… Ça donne vraiment un aperçu de ce qu’est la CNV et nous ressentons si la CNV peut nous permettre d’être plus heureux. » Puis, la CNV de l’Ain à l’Autre met en place, deux ou trois fois par an des stages d’introduction afin de former ceux qui, ensuite, adopteront la méthode dans leur vie professionnelle et personnelle. « J’appelle cela la remise de la boîte à outils. Nous transmettons la méthode et faisons des exercices pratiques avec des situations réelles. Par exemple, les enseignants peuvent parler de situations avec des enfants difficiles au sein de leur classe. Souvent, les formateurs sont en lien avec le secteur concerné pour une meilleure empathie et une meilleure compréhension des paramètres en jeu. Celui qui a la culture de l’entreprise n’est pas le même que celui dans l’enseignement. Mais la méthode reste similaire et cela ouvre la porte à des journées à thème comme la colère, la culpabilité, la honte, la jalousie… Nous pouvons aborder tous les sujets car ils font tous partie des fonctionnalités humaines que nous partageons tous. Mais toujours dans la bienveillance vis-à-vis de nous-même et vis-à-vis des autres », explique la vice-présidente.



Proposés pour tous les âges et toutes les cultures, les cursus d’apprentissage sont divers : médiation, organisation de groupe, gestion des conflits… « C’est très enthousiasmant, et c’est très joyeux aussi car dans les ateliers nous nous voyons faire, dire, interpréter, juger… Petit à petit, nous devenons observateurs de nos automatismes. Nous devenons conscients que nous ne maitrisons même pas ce qui se passe en nous. Mais si on prend la peine de poursuivre, à un moment ou un autre, il y a des bénéfices : une meilleure qualité de vie », conclut Dominique Bouilloud.


Envie d’en savoir plus ?

Le prochain stage d’introduction à la CNV aura lieu les 3 et 4 mars à Oyonnax.

Plus d’infos au 06 31 65 01 42 ou par mail cnvaaa@gmail.com


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