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Festival des cinq continents - Le tour du monde en 55 films


Du 17 au 28 mai, le festival des cinq continents revient sur le territoire. De Genève à Bellegarde, en passant notamment par Ferney-Voltaire ou encore Saint-Genis-Pouilly, l’objectif est clair : ouvrir une fenêtre sur le monde. Après l’Iran en 2016, c’est l’Inde qui sera à l’honneur et l’égalité des droits hommes-femmes qui en sera la thématique. À l’aube de la 12e édition, retour sur la philosophie d’un festival transfrontalier qui ne cesse de s’étoffer qualitativement et quantitativement avec Hervé Gransart, directeur de l’évènement.

« Nous sommes des passeurs d’idées, d’images et de rencontres »



Comment se définit le festival des 5 continents ?



C’est un festival avant tout populaire, dans le sens où il plait à un grand nombre. Pour que les gens aient envie de venir, il faut créer la différence. Aujourd’hui, à Genève, il y a plus de 30 festivals, toutes dimensions confondues. Faire uniquement des projections suivies de débats, cela n’aurait aucun intérêt car il ne se distinguerait pas d’un autre festival.



Mais en intégrant un lieu de vie avec de la restauration, une ambiance, des expos de photos et de peintures… Vous pouvez alors venir au festival et y rester 4 heures, en écoutant de la musique, en mangeant un morceau, en assistant à la projection, au débat et en sortant discuter avec le réalisateur qui vient tranquillement car il n’y a pas de pression, aucun enjeu autre que le plaisir de montrer son film et de parler du sujet dont celui-ci parle. C’est l’enjeu du festival : créer un lieu de vie.



Le village du monde est l’atout de ce festival ?



Le village du monde de Ferney-Voltaire, c’est un format de lieu de vie qui n’existe pas aux alentours. J’y crois beaucoup. Avec un tel lieu convivial, on peut parler de choses pas forcément simples, on va d’ailleurs faire un débat sur les migrants cette année. La plupart du temps, les films ont des sujets qui parlent de la société et de l’humain en général. Il faut que le cadre soit agréable.



L’autre avantage de ce village du monde, c’est que ce sont des associations locales qui tiennent le bar et la restauration. Si, grâce au festival, elles peuvent vendre un peu et avoir un coup de main, c’est toujours ça en plus. Cela rejoint la philosophie du festival, j’estime que nous sommes des passeurs d’idées, d’images et de rencontres.



Quelles sont les nouveautés de cette année ?



D’abord, on change la disposition du village, les gens le découvriront. Mais la grande nouveauté, ce sont les évènements autour du festival. Nous restons un festival de cinéma, évidemment, mais j’ai l’intention de créer de plus en plus d’événements hors cinéma qui auraient lieu à chaque fois dans une ville différente. Nous n’y sommes pas encore mais on y vient doucement. Cette année, par exemple, il y aura des auteurs qui ont parcouru le monde et qui seront en dédicace. L’idée n’est pas de faire un salon du livre, pas du tout, mais d’être un véritable carrefour multiculturel. Les gens peuvent venir rencontrer un artiste photographique, un artiste peintre, un artiste cinématographique… Il ne nous manque que la danse. L’idée, c’est de venir prendre une tranche de culture comme vous le voulez et quand vous le voulez.



L’autre grande nouveauté, c’est le projet ciné-cité. Dans le cadre de la politique de la ville de Ferney-Voltaire, nous allons proposer à 16 jeunes des quartiers prioritaires de Ferney et de Saint-Genis de choisir une histoire, de l’écrire et de la filmer pendant le festival. Ce sera un court-métrage encadré par un réalisateur professionnel. À la fin, nous dévoilerons un condensé de leur travail avant de le présenter définitivement monté en septembre. L’idée est de leur renvoyer une image positive et de leur montrer qu’ils sont tout à fait capables de découvrir un métier et de casser une image stéréotypée sur les jeunes qui habitent dans les quartiers.



Pourquoi avoir choisi l’Inde comme pays-focus cette année ?



Pourquoi pas ? La première raison c’est que l’Inde est la plus grosse production de cinéma au monde avec le Nigéria. C’est un grand pays qui produit beaucoup, il y existe un cinéma avec une fibre sociale, dure, loin des standards de Bollywood. Cela fait quelques années que l’on a toujours au moins un film indien. Enfin, il se trouve que l’on avait accueilli une réalisatrice indienne venue spécialement de Bombay l’an passé. C’est une femme adorable, nous avions noué des liens et elle nous a aidé à la programmation de cette année. Nous proposerons des films qui n’ont rien à voir avec Bollywood, mais un cinéma indien émergent et intéressant.



Cette thématique de l’égalité des droits hommes-femmes fait partie d’une volonté de la ville, elle-même engagée en ce sens ?



Très franchement, je ne laisserai personne dicter la programmation. Je suis administrateur pour « Ni Putes Ni Soumises », alors, avant même que le projet existe à la mairie, l’égalité femmes-hommes a toujours été un de mes combats. Parmi tous les faits de société à combattre, celui-ci, je le mets personnellement en priorité mais ce n’est pas pour cela que je vais en faire le centre du festival. Seulement, quand Khadija Unal [NDLR : 1ère adjointe de la ville de Ferney-Voltaire] nous a parlé du projet qu’elle voulait inscrire dans la durée, on s’y est engouffrés. Il y a toujours eu des films présentés sur ce sujet mais cette année, c’est d’autant plus marqué, six films sont clairement estampillés égalité femmes-hommes. Que ce soit en France, en Allemagne, au Bangladesh, en Inde… sur les 5 continents, ça reste un problème qui n’est pas résolu, un scandale absolu.



Nous sommes aussi cohérents entre la thématique et le focus puisqu’une artiste qui peint des femmes indiennes et leur condition sera exposée à la maison Fusier de Ferney.



« On souhaite fédérer du tourisme culturel »



Sur quel continent les films sont les plus difficiles à trouver ?



Ça a toujours été très compliqué de trouver en Océanie. D’abord parce c’est petit, qu’ils ne sont pas implantés ici, que ça ne les intéresse pas forcément et parce qu’il n’y a pas non plus une grande production de films.



En ce moment, le continent le plus en retrait, c’est l’Afrique. Pour des raisons économiques, depuis trois ans, on observe qu’ils réalisent plus de documentaires, moins coûteux, cela devient plus délicat. C’est un cinéma en perte de vitesse et la qualité devient aléatoire.



Comment créer un intérêt sur l’ensemble du territoire, entre la Suisse, le bassin bellegardien et le pays de Gex ?



Ce n’est pas le même public. Le dosage est important, c’est pour cela que les programmateurs des salles sont intégrés dans la commission. D’abord parce que ce sont des professionnels, avec un œil différent du nôtre et ensuite, parce qu’ils connaissent leur public. Une fois que les 55 films sont validés, nous faisons un pot commun et chacun vient piocher ses films. Cela serait une erreur grave de trancher pour eux.

On essaie d’affiner d’année en année. À Bellegarde, ce n’est que la troisième année, ça commence tout juste, il faut être patient et travailler.



Quelles sont vos ambitions pour les prochaines éditions ?



Je ne suis pas pressé, j’ai des années devant moi et je sais où je veux aller. À terme, on souhaite fédérer du tourisme culturel, c’est-à-dire attirer des gens de tout le département, mais aussi de toute la France. Il y a un vrai public de festivaliers, musicaux, théâtraux ou cinématographiques. Ce sont des gens qui sont prêts à se déplacer 3 à 4 jours mais il faut leur proposer une offre globale, pas juste du cinéma. Qu’ils viennent voir de bons films mais qu’ils ne s’ennuient pas quand il n’y a pas de projection, qu’ils puissent se dire que dans le pays de Gex, ils vont en profiter pour visiter Genève, ou aller aux thermes de Divonne pour un massage…



Notre travail à nous est de proposer une programmation pertinente et efficace. On commence à atteindre un niveau professionnel en présentant au moins 80% de films inédits dans la région. Pour le focus sur l’Inde, tous les films proposés ne sont pas diffusés en France, ni en Europe. Voir des films projetés nulle part ailleurs, c’est déjà un intérêt mais il faut que le Département et les offices de tourisme nous aident. On peut y arriver.



Pour aller plus loin et retrouver l’ensemble de la programmation : www.festival5continents.org



Le festival en chiffres



130 films visionnés pour établir la programmation

12 jours non-stop

7 lieux de diffusion (Ferney-Voltaire, Bellegarde-sur-Valserine, Gex, Genève-Grütli, Petit-Lancy, Versoix et Saint-Genis-Pouilly)

1 village du monde où tous les arts seront représentés, où les associations locales proposeront des plats cuisinés et où les acteurs des métiers du cinéma échangeront en toute convivialité

3 soirées VIP

55 films des 5 continents seront projetés

3 séances par jour dès 14 heures

3 prix décernés à l’issue du festival : « Prix du jury », « Prix du Jury Jeunes » et « Prix du public »

6 778 spectateurs en 2016


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