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Marguerite et Philibert, amants pour l’éternité


  • Marguerite d'Autriche
  • Philibert II de Savoie
Il y a eu Simone Signoret et Yves Montand, John et Jacqueline Kennedy, Grace Kelly et Rainier III, Yves Saint Laurent et Pierre Bergé, Salvador Dali et Gala, Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre, Cléopâtre et Marc-Antoine… Des couples mythiques qui font rêver le monde entier tant leur amour semble intouchable. Mais pas besoin d’aller à Paris, Hollywood ou sur les bords du Nil pour rencontrer des amants de légende. L’Ain en a connu deux qui ont laissé une sacrée empreinte sur le territoire : Marguerite d’Autriche et Philibert II de Savoie. Rencontre.

Marguerite, bien née et mal destinée…



Petite-fille de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, fille de l'empereur Maximilien Ier et de Marie de Bourgogne, sœur de Philippe, futur roi de Castille, bientôt tante et marraine de Charles Quint… Marguerite d’Autriche a une généalogie incroyable. Mais au XVème siècle, ce n’est pas forcément un cadeau. Elle devient vite un simple maillon matrimonial au cœur de la diplomatie européenne.



Ainsi, alors qu’elle n’a que trois ans, on l’envoie en France. Elle est éduquée dans le but d’y devenir reine. Son prétendant, Charles VIII a huit ans de plus et les deux bambins s’apprécient. Elle a 11 ans quand elle est finalement répudiée au profit de celle qui a failli épouser son père devenu veuf : Anne de Bretagne. L’art de la diplomatie amoureuse à la française lui restera gravé avec amertume.



Qu’à cela ne tienne ! Elle est de retour sur le marché des bons partis de son époque. Son père l’envoie alors en Espagne pour épouser l'infant Jean d'Aragon, héritier des royaumes de Castille et d'Aragon. Les deux promis s’apprécient. Il faut dire que Marguerite est louée pour sa beauté. Mais quand ça veut pas… Six mois plus tard, de santé fragile,


Jean d'Aragon meurt. Un drame, d’autant plus que Marguerite attend un enfant. Le 8 décembre 1497, âgée de 17 ans, elle accouche d’une fille, décédée à la naissance.



…Philibert, beau, fort et bon parti



Digne héritier du duché de Savoie, Philibert II de Savoie est né au château de Pont-d’Ain et passe une bonne partie de son enfance à la Cour de France. À 16 ans, il épouse sa cousine Yolande-Louise de Savoie, qui meurt trois ans plus tard.



Plus passionné par la chasse que par la politique, Philibert II de Savoie est alors un veuf convoité, surtout pour un certain Maximilien qui souhaite garantir le passage des troupes impériales vers l’Italie.



Un couple amoureux



À l’automne 1501, le mariage par procuration entre le duc, représenté par son demi-frère, René de Savoie, et Marguerite, a lieu à Dole.



Le duc de Savoie et prince de Piémont n’est pas nommé Philibert « dit le Beau » pour rien et les deux veufs tombent véritablement sous le charme l’un de l’autre. Ils ont le même âge, il lui fait découvrir la chasse, ils apprécient les entrées majestueuses dans les villes, -comme à Bourg-en-Bresse en 1502-, découvrent ensemble la politique, Marguerite y sert les affaires des Habsbourg au détriment des français, Philibert la laisse gérer les affaires qui le passionnent peu… Ils sont heureux. Elle est enceinte. Leur mariage est idéal.



Des amants éternels



Étrangement, la plupart des couples mythiques possèdent une fin tragique. Le jeune duc Philibert le Beau meurt, trois ans après leur union, des suites d’un refroidissement contracté lors d’une partie de chasse. Marguerite d’Autriche a 24 ans, a déjà été répudiée, devient veuve pour la seconde fois, et accouche à nouveau d’une fille mort-née. Le tragique inventé par Shakespeare semble presque fade.



Alors, puisque leur amour ne fut qu’éphémère sur terre, Marguerite décide de rester à Bourg-en-Bresse et d’y ériger un édifice à la hauteur de son mari et de leur amour, éternel face à la mort. Contre l’avis de son entourage, elle impose le chantier du monastère de Brou et obtient l’aval du pape. Feu son bien-aimé bénéficie d’un somptueux tombeau, voisinant les sépultures de sa mère et plus tard, de sa femme. Symbole du monument qu’il envahit dans ses moindres recoin, l’emblème du couple inscrit leur mariage dans la pierre : les initiales P et M, unies par un lacs d’amour.



Ces autres édifices emblèmes d’un amour éternel



Le Taj Mahal



C’est probablement le plus célèbre des bâtiments construits par amour. Situé en Inde, à Agra précisément, au bord de la rivière Yamuna, ce palais royal n’est autre qu’un mausolée de marbre blanc construit par l'empereur moghol musulman Shâh Jahân en mémoire de son épouse Mumtaz Mahal, morte le 17 juin 1631 en donnant naissance à leur 14ème enfant.



L’empereur est si dévasté par son décès, qu’il lance aussitôt la construction du Taj Mahal, qu’il souhaite comme plus belle tombe du monde. Le marbre et les pierres précieuses arrivent du monde entier. Il sera achevé en 1648. Les deux amants y sont inhumés ensemble.



Le petit temple d'Abou Simbel



Construit sous les ordres de Ramsès II, en Egypte, le petit temple d’Abou Simbel est avant tout un cadeau. Le pharaon souhaitait, avec ce lieu, impressionner son épouse, Nefertari. Car si celle-ci est l’une des huit épouses connues de Ramsès II, elle est sa favorite. Et l’inscription à l’entrée le prouve : « Une œuvre appartenant éternellement à la grande épouse royale Nefertari-Merienmut, pour laquelle le Soleil brille ». Mieux : le temple est voué au culte de Néfertari, déifiée sous les traits d'Hathor, déesse de l'amour, de la beauté, de la musique, de la maternité et de la joie. Romantique le Ramsès II.



Le palais de Mirabell



Cadeau d’amour du prince-archevêque Wolf Dietrich de Raitenau à sa concubine et mère de ses 15 enfants, Salomé Alt, le palais de Mirabell se trouve à Salzbourg, en Autriche. Lieu de leur amour, il fut également celui de bon nombre de concerts d’un certain Wolfgang Amadeus Mozart.



Aujourd’hui, sa salle de marbre, ancienne salle des fêtes du prince-archevêque, est considérée comme l’une des plus belles salles de mariage au monde. Un lieu construit par amour et qui célèbre donc encore et toujours l’amour.


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