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Marie Rigaud, l’entrepreneuse affranchie

  • crédits : Didier Michalet
  • crédits : Didier Michalet
Directrice et fondatrice du Printemps de Pérouges, Marie Rigaud lance cette année la 21e édition du célèbre festival. D’un coup de cœur lors d’une balade, elle a créé un événement atypique tant dans son ampleur que dans sa diversité de lieux et d’artistes. À 45 ans, elle est désormais à la tête d’un des plus grands festivals français. Rencontre.

Quel est votre parcours ?



J’ai commencé dans la musique en tant qu’élève au conservatoire de Lyon. Mes études de chants lyriques ont orienté les débuts du Printemps de Pérouges puisqu’il y a vingt ans, celui-ci était entièrement dédié à la musique savante et classique dans l’église de Pérouges. J’ai aussi étudié la musicologie et l’Histoire de l’Art à la faculté. Il y a 25 ans, j’ai intégré les équipes de radios classiques locales comme Jazz Radio. J’avais en charge l’animation et la programmation d’émissions spécialisées sur le chant lyrique, l’opéra, les sorties et les spectacles. Ce travail m’a amené à couvrir les festivals partout en France. C’est ainsi que j’ai eu les premières visions de ce qu’était un festival, son organisation, les coulisses, sans pour autant me projeter dans ce domaine à l’époque.



Comment est né le Printemps de Pérouges ?



En 1997, je me promenais pour la première fois dans la cité médiévale de Pérouges avec des amis, un dimanche. J’ai forcément été interpellée par la beauté du site et notamment par l’acoustique de l’église-forteresse. Tout de suite, m’est venue l’envie de proposer un projet de valorisation du patrimoine par la musique. Il y avait beaucoup moins d’événements, de festivals à l’époque. Le terrain était en quelque sorte vierge et ne demandait qu’à se développer. En 15 jours, j’ai proposé un projet. La première édition, c’était trois concerts lyriques dans cette église, sans subvention, en initiative privée totale. Le modèle économique initial se résumait à vendre des billets et trouver un sponsor. Le premier, ce fut le parc industriel de la Plaine de l’Ain qui ne nous a, depuis, jamais quitté.



À la fin de la seconde édition, je me suis consacrée à plein temps sur ce projet, j’en ai fait mon métier. Je me suis prise de passion pour cela. Aujourd’hui, c’est l’événement majeur du département en termes de rassemblement populaire, de concert plein air et de public.



Quelle est la philosophie de ce festival ?



On a progressé lentement mais sûrement pendant vingt années avec des projets innovants comme les concerts au sein de sites industriels ou à la ferme. Le concept est clair : une série de concerts qui s’étale sur une durée assez longue, permettant de se délocaliser et donc de valoriser des lieux parfois insolites.



Et l’année dernière, nous avons fait un grand pas en avant. On s’était fixé un gros défi qu’on a relevé. On voulait investir un grand site plein air ambitieux en termes de fréquentation possible, soit le terrain du Polo Club qui se trouve sur la Plaine de l’Ain. La venue de Johnny Hallyday nous a permis de fêter nos 20 ans de façon conséquente. C’était magnifique.



Cette année, nous nous lançons dans de nouvelles perspectives. En contrepoids de toutes nos plus petites dates, c’est d’avoir un site ambitieux qui nous permet de se positionner comme un grand festival pouvant accueillir 15 000 spectateurs par soir. Le printemps de Pérouges a désormais son ancienneté, on fait partie des vieux festivals. C’est important. Tout le monde s’est pris au jeu et quand je dis tout le monde, je pense surtout à mon équipe de bénévoles qui est indissociable et indispensable à l’organisation et à la pérennité du festival. Le Printemps de Pérouges, c’est l’histoire d’une équipe qui alimente un projet.



« Je me fais bien entendre, ça c’est sûr »



Cela change quelque chose d’être une femme à la tête d’un festival ?



Je ne sais pas si ça change quelque chose, mais ce n’est pas simple en tout cas. On se rend compte que c’est tout de même des métiers très masculins où, en effet, il faut faire d’autant plus ses preuves. Mais je pense que c’est commun à l’ensemble des métiers. Pour autant, je ne suis pas une féministe acharnée. En tout cas, je me fais bien entendre, ça c’est sûr, et je pense que je me suis distinguée grâce à une certaine liberté de ton. Je ne reprends pas forcément les schémas habituels. L’événement est un électron libre et je suis une entrepreneuse assez affranchie.



Quel est votre spectacle « coup de cœur » cette année ?



S’il ne faut en citer qu’un, les « Kids United ». C’est nouveau et c’est la première fois que l’on s’adresse à un jeune public. Étant une jeune maman forcément, ce n’est pas neutre. Mes enfants écoutent cette musique et ils m’ont orienté dans ce choix. Il se trouve que c’est un succès. Les « Kids United », c’est un projet audacieux. Je n’étais pas convaincue moi-même que ça allait rencontrer un tel succès au début. Je me réjouis d’accueillir le dimanche 2 juillet des familles, les parents, les enfants, les grands-parents, qui ont tous appris par cœur les chansons de l’album des « Kids United ». Ce sera mon coup de cœur familial.



Des ambitions futures ?



Oui. J’espère des évolutions sur de la scène internationale, sur des affiches qui nous permettraient, encore, de passer un cran au-dessus. Il y a de quoi faire. Mais je ne vous dirai pas qui. Je pense à tellement de gens. Effectivement, maintenant que nos affiches sont ambitieuses, il va falloir tenir le niveau. Il faut travailler, anticiper et se débrouiller pour dégainer les premiers afin d’obtenir des dates exceptionnelles.

Pour plus d’infos sur le Printemps de Pérouges - www.festival-perouges.org


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