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Pas d’ouverture estivale pour le Dinoplagne


Le Dinoplagne restera fermé pour deux ans



Étaient-ils venus à Plagne faire du tourisme gastronomique ou sexuel dans le but de se reproduire ? Peu importe, il y a 145 millions d’années, Odysseus, herbivore de 40 mètres et 40 tonnes et Maxime, carnivore plus petit, ont foulé les terres situées entre Bellegarde et Oyonnax, rendant le site remarquable. En effet, leur piste d’empreintes est la plus grande au monde. Un patrimoine extraordinaire, découvert en 2009 et accessible au public depuis deux saisons estivales.



Seulement, la nouvelle est tombée, le site ne rouvrira pas avant 2019 et la réalisation de travaux de valorisation et de protection. Surprise, coup dur pour le tourisme, futur des lieux… Jean-Pierre Fillion, adjoint à la ville de Bellegarde et vice-président chargé du tourisme à la Communauté de communes du pays bellegardien, répond aux interrogations.



Cette fermeture provisoire était-elle vraiment prévue ?



Cela a été mûrement réfléchi. Nous hésitions pour cette année et avons finalement décidé de le laisser fermé. Chaque année, l’hiver venu, nous bâchons le site. Cela a un coût : pas loin de 17 000 €. Et par les temps qui courent, l’argent public n’est pas facile à trouver. Ensuite, nous avons mis du temps pour trouver les fonds pour valoriser ce site. Nous avons obtenu le soutien de la Région, du Département, qui ont compris l’intérêt du site. Il y a désormais un engouement pour ce site qui est connu et reconnu puisque c’est la plus longue piste de dinosaures au monde.



Les traces existent depuis 145 millions d’années, on s’est rendu compte qu’à les exposer à l’air libre, elles avaient tendance à se dégrader. Ce sont des calcaires feuilletés qui se délitent facilement surtout quand la pluie ruisselle sur les traces, cela provoque des dégâts irréversibles. Cette année, nous nous sommes dit, puisqu’il sera valorisé d’ici deux ans, nous allons le laisser couvert de manière à ce que le jour où il y aura une couverture définitive sur le site, il n’y aura plus ces problèmes.



Sachant également que lorsqu’on l’ouvre chaque été, les gens sont généralement sages et restent sur le pourtour du parcours, mais certains viennent piétiner les traces. Ce site doit aussi être surveillé avec des visites encadrées.



Le site accueillait combien de visiteurs par an ?



L’été dernier, nous avons mis des éco-compteurs sur tous nos sites remarquables. Sur les pertes de la Valserine, il y a eu entre 30 000 et 40 000 visiteurs, pour le Dinoplagne on peut tabler sur 20 000 à 25 000 visiteurs par an en étant très modeste. Je pense que nous irons bien au-delà si l’on sait vendre notre projet. Les dinosaures sont très attractifs.



Comment envisagez-vous cette valorisation future ?



D’abord, nous avons un budget : 1 500 000 € hors taxes. Nous allons faire un avant-projet sous forme d’un concours d’architectes. Nous allons lancer un appel d’offres et nous retiendrons la meilleure idée pour la couverture de ces traces. C’est un site naturel et on souhaite que ce projet s’intègre parfaitement dans le paysage. Nous attendrons les résultats d’ici l’automne. C’est un projet à étages. Selon le succès que connaitra le site, on pourra l’améliorer au fur et à mesure. En tant qu’élus, nous devons être vigilants, ne pas balancer l’argent par les fenêtres et être certains de notre projet.



« Un peu mal au cœur »



Cette fermeture est un coup dur pour le tourisme ?



Non, parce qu’on a beaucoup de sites à valoriser dans le pays bellegardien. La Valserine est la première rivière sauvage de France, nous sommes au pied des Monts du Jura, nous avons la chance inouïe d’avoir une diversité de paysages qu’on a su préserver et même si Bellegarde a un passé industriel qui a marqué les esprits avec une mauvaise réputation, nous sommes en train de complètement renouveler la ville. Nous avons beaucoup d’atouts à défendre notamment ce retour à la nature que les gens recherchent de plus en plus. On travaille aussi énormément sur nos sentiers de randonnée, avec La Forestière pour le VTT, nous avons le plateau de Retord, Giron, le village de marques dans deux ans…



À trop vivre sur notre territoire, on ne se rend pas compte des atouts que l’on a. Entre tourisme d’été et tourisme d’hiver, on a de quoi faire.



Vous regrettez d’avoir ouvert Dinoplagne pendant deux années ?



Non, je ne regrette pas. Comme il avait été recouvert, on ne savait pas ce qu’il se passait dessous. On ne savait pas précisément comment les traces allaient être préservées en étant recouvertes de gravats. Nous avons bien fait puisque l’humidité commençait à s’installer On les a mises au jour, désormais elles sont simplement recouvertes d’une bâche et ça va très bien, ça les préserve, ça empêche l’herbe de pousser et l’eau de ruisseler. On va les laisser ainsi deux ans, ça me fait un peu mal au cœur vis-à-vis du public mais dans l’ensemble, on a pris une sage décision.



En 2019, au plus tard, on pourra venir contempler en toute sérénité ces traces et ce, pendant plusieurs décennies. Elles ne dureront peut-être pas encore 145 millions d’années mais pas mal d’années si nous sommes assez vigilants.



Astuce



« Les gens peuvent venir voir le site. S’ils sont assez malins, on voit encore des traces découvertes en 2009. Elles sont un peu usées par l’érosion. Sur le haut, on a dégagé une trace pour l’émission « Des racines et des ailes ». Les plus malins en découvriront quelques-unes. »


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