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Péron : un passage à gibiers au-dessus de la 2 x 2 voies


Qui a dit que les chasseurs étaient des brutes sanguinolentes, ennemis jurés du gibier ? À Péron, la société de chasse Saint-Hubert du Gralet prouve le contraire, notamment dans sa collaboration au projet de passage à gibiers au-dessus de la 2 x 2 voies. Explications.

Nul doute que la 2 x 2 voies reliant Collonges à Saint-Genis-Pouilly est un véritable atout pour la mobilité dans le pays de Gex. Près de 20 000 véhicules l’empruntent chaque jour de la semaine. Seulement, côté faune, c’est un véritable obstacle, un couloir entravant leur environnement naturel.



Construite en 1995, la route prévoit des accès souterrains pour les animaux. « Le renard, le blaireau ou le lapin de Garenne empruntent ses accès car ils ont l’habitude de vivre sous terre. Et encore, ils ne sont pas habitués au béton », précise Bernard Ferrolliet, président de la société de chasse Saint-Hubert du Gralet de Péron. Quant aux grands gibiers tels que le chevreuil, le sanglier, le cerf ou même le lièvre, la 2 x 2 voies est un couperet quasi assuré.



« À l’époque, j’avais alerté les élus locaux du danger imposé à la faune mais aussi aux conducteurs », confirme-t-il. Une demande classée sans suite. Seulement en 2013, sous l’égide du Conseil départemental, de la Fédération départementale des chasseurs de l’Ain et des sociétés de chasse locales, une étude est menée. « Nous avons été mandatés pour relever toutes les collisions animales du secteur. Il s’est avéré que la zone la plus accidentogène était Péron, c’est donc logiquement le lieu qui a été choisi pour la construction d’un passage à gibier », continue le chasseur.



Fin des travaux : mai 2018



Il faut dire qu’en deux ans, 24 collisions avec des chevreuils, 31 avec des sangliers et 7 avec des cerfs ont été recensées. « Ce sont des chiffres minimums car s’il y a collision avec un chevreuil, on peut désormais le récupérer à titre de dédommagements puisque les assurances au tiers ne couvrent plus ce genre d’accidents », explique Bernard Ferrolliet.



Bien qu’aucun accident mortel humain dû à une collision animale n’eut été recensé, les autorités ont décidé d’agir. Dès juillet, les travaux d’un écopont commenceront, pour s’achever en mai 2018. « Depuis quelques années, sur les autoroutes, on voit ces passages aériens pour les animaux. Il faut reconstituer une partie boisée pour qu’ils n’aient pas l’impression d’être enfermés ou pris au piège dans un bloc de béton », ajoute le président. Et pour que l’animal se sente en confiance, ce passage lui sera exclusivement réservé, interdisant vélos, quads, tracteurs ou motos d’y pénétrer.



Coût estimé des travaux : 3 millions d’euros dont la plupart financée par l’Union européenne et le reste par le Département et la Région. « Une fois l’ouvrage réalisé, ils nous ont demandé d’en faire le suivi. Le passage sera équipé d’appareils photos qu’il faudra relever, vérifier les grillages, l’efficacité du passage… Je suis à la retraite, j’ai accepté avec plaisir », sourit Bernard Ferrolliet. Le chasseur serait-il donc un protecteur de la nature ? « Les chasseurs ne tuent que ce qui est autorisé à être tiré ! Mais la discussion pourrait être longue… », conclut-il.



Les glissières en cause



Parmi les projets portés par le Département, les trames vertes devraient être améliorées et les glissières en béton de Saint-Jean-de-Gonville et de Farges devraient être remplacées. En effet, une fois le gibier engagé sur la voie, elles sont de véritables pièges pour lui.


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