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Rencontre avec les acteurs de la rentrée


Les parents vont pouvoir reprendre leur souffle, et les grands-parents sont ravis du retour du calme dans leur maison. Place désormais aux professionnels. Les enseignants en représentent moins de la moitié, mais l’immense majorité est guidée par l’amour du métier. La passion qui les anime fait oublier, parfois, des conditions pas toujours adaptées à la dureté de leurs tâches. Nous sommes allés au-devant de quelques-uns de ces acteurs de terrain enthousiastes qui « mouillent le maillot » bien au-delà de ce qui leur est demandé.

Plus de 12 800 000 élèves ont repris le chemin de leur établissement scolaire, et 2,5 millions d’étudiants s’apprêtent à le faire. Pour les accompagner sur la route de la réussite, l’état salarie plus d’un million de personnes, dont 884 000 enseignants. Si l’on rajoute les personnels fonctionnaires territoriaux œuvrant pour les écoles et les établissements, les salariés des associations complémentaires de l’école (voir encadré), pas loin de 2 millions de personnes sont donc directement concernés par la vie scolaire. Avec les élèves et les étudiants, c’est donc 1/4 de la population française qui « a fait » la rentrée d’une façon ou d’une autre. Alors, oui, l’éducation est un vrai enjeu pour un pays. Mais la réussite de ce pari pédagogique repose essentiellement sur les compétences et les qualités humaines de ceux et celles qui sont chargés de le mettre en œuvre et de l’accompagner, à quelque titre que ce soit. À travers différents portraits, hommage leur est rendu.



Maire de Lent et directrice de l’école, Marie-Claire consacre sa vie aux autres



L’appartement est à l’étage du bâtiment. En bas de l’escalier, à gauche la porte de la mairie, à droite la salle de classe. L’univers de Marie-Claire Panabières est certes restreint géographiquement, mais très vaste en termes de missions et de tâches. C’est cet environnement, finalement rationnel, qui l’a convaincue de répondre favorablement aux pressions pour prendre la tête de la liste des candidats aux dernières élections municipales. "C’est sûr, j’y passe tout mon temps. Le maire fait tout, même s’il délègue beaucoup. Il reste le manager général. Ce qui me plaît le plus est de me sentir utile, que les choses bougent. Il faut de la dynamique. La notion de service public, pour moi, est importante à tous les niveaux. Avec les enfants, t’as des missions que tu dois mener au bout, rendre des comptes. Les élèves, il faut les défendre, les soutenir pour qu’ils puissent avancer". Alors, existe-t-il des inconvénients à cette double casquette ? "Je ne trouve pas. Je suis à une position stratégique. Je connais presque toutes les familles. Les gens savent que je suis là. Ça me permet de pouvoir rendre service à tout le monde. Je pensais être meilleure dans un second rôle. Mais finalement, ce n’est pas mal d’être le chef d’orchestre". Cela s’appelle vivre un engagement total.



À l’école de Port, avec Estelle, on mange local, mais surtout on mange bien



Rechercher une "cantinière à l’ancienne" n’est pas une mince affaire tant les industriels de l’alimentaire ont remplacé les cuisinières des cantines scolaires ces dernières années. Pourtant, il suffit d’écouter ces bruits qui courent, source d’informations pas toujours fiables, il est vrai. En l’occurrence, là, c’est un vrai plébiscite dans tout le canton : « va à Port, tu verras, là-bas, c’est un vrai régal pour les enfants ». Et ce n’est pas Marianne Marmeth, conseillère municipale déléguée auprès de l’école, qui apportera la contradiction : « Vu la qualité du service, ça serait dommage de s’en priver. C’est très familial et on fait travailler les commerces locaux ». Alors qu’en pense Estelle Guilley, promue cordon bleu, de cette avalanche de compliments ? « Ça fait toujours plaisir de voir les enfants apprécier au fil des années la nourriture qu’on leur prépare, et de recevoir les remerciements des parents. J’évite les endives, le foie de veau, les abats. Je prépare beaucoup de légumes, de crudités. Je fais les gâteaux, les salades de fruits, les compotes. J’aime fignoler les plats. J’utilise des épices. Les enfants ont le droit de ne pas aimer, mais ils doivent goûter de tout. Chaque jour, entre 50 et 70 élèves mangent à la cantine. Il y a 2 personnes qui aident pour le service, sinon je suis toute seule. Je fais les menus, prépare les commandes. Hormis l’épicerie qui vient de Haute-Savoie, tout le reste provient de commerces locaux de qualité ». Au moment de clore l’entretien, Estelle avoue sa passion : « en fait, j’aime cuisiner ». Tout est dit !



Mélika Aymoz, directrice de la plateforme des SESSAD (*)



« Les SESSAD sont des services financés par l’Assurance maladie. Les enfants sont pris en charge sur notification de la Maison Départementale Des Handicapés (MDPH). Les enfants sont chez eux, et nous venons faire des interventions au plus près de leur lieu de vie, logement, crèche, centre de loisirs.  Au départ, j’étais éducatrice spécialisée. Mais à force de travailler avec les familles, j’ai eu envie d’aller plus loin. J’ai postulé pour des postes à responsabilités, et j’ai repris des études supérieures pour obtenir un master 2 ».

Votre poste demande quelles compétences particulières ? « Je pense qu’il faut avoir de fortes convictions et aimer travailler en partenariat, développer des réseaux. Aujourd’hui, j’anime une équipe d’une bonne quarantaine de personne, des équipes pluridisciplinaires dans le médico-social. Nous prenons en charge une centaine d’enfants sur les différents SESSAD ».

(*)SESSAD: Service d’Education Spécialisée de Soins A Domicile.



Au collège Thomas Riboud de Bourg–en-Bresse, Valérie gère le handicap



Assistante d’Elèves en Situation de Handicap (AESH), chargée d’accompagner 12 à 14 collégiens au handicap très différent, certes CDIsée (depuis le mois de mai) mais sans le statut de fonctionnaire, et rémunérée à 90 % du SMIC à plein temps, Valérie Fèvre aurait de multiples raisons de se plaindre de sa situation. Et pourtant : « je fais ça par passion. C’est très égoïste de ma part. Certes je ne gagne pas ma vie, mais je vais au boulot tous les jours avec la banane. Je me régale. C’est ma 6ème rentrée au collège Thomas Riboud. Je suis bien intégrée à l’équipe enseignante. J’essaie de faire au mieux, parfois au moins pire. L’année dernière, il y a eu plusieurs enfants non lecteurs et non scripteurs. C’était insurmontable pour eux. Cette année, on va accueillir des enfants de l’Institut des Jeunes Sourds. Je me suis inscrite à la formation au langage des signes. Au collège, je dois être de partout et intervenir à tout moment de la journée. Une enseignante m’a surnommée "moulti-tâches". C’est sûr que je ne fais pas que 35 h par semaine. Cela peut monter jusqu’à 45 h. Mais je suis investie à 200 % auprès des enfants. J’irais au bout du monde en les portant à bout de bras ». Cela s’appelle une déclaration d’amour, non ?



Un exemple d’association complémentaire de l’école publique : les PEP



Il n’y a pas que des enseignants qui interviennent à l’école. Il y a aussi des associations qui, pour le faire, doivent avoir reçu l’agrément de l’état, agrément renouvelable tous les 5 ans. On les appelle les associations complémentaires de l’école publique. Parmi les 181 associations agréées en 2017, les PEP, anciennement Pupilles de l’Enseignement Public, occupent une place privilégiée. Ce réseau associatif national est engagé pour le droit et l’accès de tous à l’éducation, à la culture, à la santé, aux loisirs, au travail et à la vie sociale. Dans l’Ain, les PEP01, présidée par Claude André, gèrent 2 établissements médico-sociaux, à Hauteville-Lompnès et à Condamine, 4 plateformes SESSAD (*) à Nantua, Bellegarde et à Bourg-en-Bresse, et plusieurs activités sociales. Cela représente plus de 200 professionnels qui œuvrent dans 26 métiers différents. Mardi 29 août, ils étaient tous réunis à Bourg-en-Bresse pour une journée associative sur le thème « Parents, professionnels, tous compétents ». Le but était de faire converger les approches et affirmer les compétences respectives des professionnels et des parents en vue de l’écriture du prochain projet associatif.


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