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Serge Magdeleine, à la tête du Crédit Agricole Technologies et Services


La banque digitale, c’est une activité souvent absconse. Serge Magdeleine est le « Monsieur Digital » du groupe Crédit Agricole SA. On l’a découvert à l’occasion du congrès de l’AEPV* à Oyonnax. L’enfant du pays était venu parler de la transformation digitale dans le Monde.

Il aura passé toute son enfance dans l’Ain. D’abord à Lagnieu où il est né, passant du collège Paul Claudel au Lycée de la Plaine de l’Ain à Ambérieu-en-Bugey avant de migrer à Lyon pour intégrer Math Sup et enfin l’école d’ingénieur des Ponts et Chaussées à Paris. Une rupture des ligaments croisés brise définitivement ses rêves sportifs. Il se voyait footballeur professionnel, il sera ingénieur. La tête et les jambes ! À 46 ans, marié et père de trois enfants (17, 15 et 12 ans), Serge Magdeleine est un grimpeur. Il monte les étages hiérarchiques du groupe Crédit Agricole à grandes enjambées et troque le ballon rond pour le vélo de route pour gravir le Mont Ventoux. Plus d’une cinquantaine d’ascensions. On devine le besoin de maîtriser son sujet, le goût du risque et du défi, celui de l’effort aussi.



D’abord consultant dans un cabinet de conseil, il fonde une start-up sur le courtage financier en ligne, Empruntis en 1998, avec 4 tables et 4 chaises bon marché. « C’était la frénésie d’internet. J’arrive à lever de l’argent auprès de dirigeants de grands groupes français qui investissent à titre personnel. Après une période d’euphorie sans faire de chiffres d’affaires, nous vivons l’effondrement des valeurs technologiques à la bourse. C’était une période difficile pour cette entreprise de 50 personnes. On a donc pivoté en fournissant une technologie pour les banques et inondé le web avec notre technologie de courtage en immobilier. France Télévisions, seloger.com nous ont fait décoller ». La société est à l’équilibre financier quand il la quitte pour entrer dans l’une des plus grandes banques françaises. «J’étais libéré de cette start-up qui était hors d’eau, hors d’air, et qui pouvait fonctionner toute seule. 18 mois plus tard, elle a été revendue.»



"Le digital, c’est la couche un peu glamour de l’informatique"



À Paris pendant 5 ans, en charge des activités en ligne de la Banque, il revient à Lyon comme directeur du marché des entreprises à la caisse Centre Est, puis directeur général adjoint de la caisse Alpes Provence en 2010. Il monte un étage de plus dans la hiérarchie pour devenir directeur général fin 2015. « On m’a proposé de revenir à Paris pour prendre la direction du digital et de l’informatique pour le groupe. » Sa mission actuelle : «m’occuper pour l’ensemble des 39 caisses régionales de leur transformation digitale et de leur informatique. Fabriquer un nouveau crédit, un nouveau produit d’épargne, le développer et le mettre en production pour des millions de clients et 70000 collaborateurs des caisses régionales qui utilisent ces services ». Son métier, beaucoup vont le découvrir à l’occasion du congrès de l’AEPV* à Oyonnax en juin. Cette année, il n’a pas pu refuser l’invitation d’un ami d’enfance, David Sasso, responsable du pôle économique au sein de la communauté de communes haut Bugey. « C’est presque à l’occasion de cette rencontre économique que les gens ont compris ce que je faisais et qui j’étais. Mes parents aussi étaient là. Il y avait des tables rondes très intéressantes avec des chefs d’entreprises du département. Le digital, c’est une révolution qui peut entraîner les entreprises par le fond s’il n’y pas une réaction, une réorganisation et une réflexion sur les nouvelles façons de travailler, car tout ce qui est nouveau fait peur.  Tout ce qui donne matière à changer nos comportements fait peur. Le téléphone a fait peur à mes grands-parents, internet a fait peur à la génération d’avant. Le digital nous bouleverse, nous, mais pas nos enfants qui sont des digital natives. Ils ont appris à se servir d’Internet avant d’apprendre à lire. Le système très pyramidal qui veut que les plus anciens d’une boîte montrent aux plus jeunes, vole en éclats. Ce sont les jeunes qui expliquent le digital aux séniors. Ça bouleverse les organisations. Or, il y a plein d’opportunités dans le digital dès l’instant où on est capable de remettre en question nos processus mentaux et les processus organisationnels de l’entreprise. Ce que j’ai vu à Oyonnax m’a donné beaucoup d’espoirs et de la fierté aussi car les chefs d’entreprises ont bien compris ça. La plastic vallée a connu des crises, mais ses habitants sont des résilients. Ils s’adaptent. Moi, je ne sais pas où je serais dans 10 ans, mais je veux continuer d’être utile aux autres ».



*AEPV : Association des Acteurs Economiques de la Plastic Vallée.


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