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The Handmaid's Tale : phénomène sociétal et viral


Excellent, glaçant, terrifiant, révoltant… Non, il ne s’agit pas là de la dernière adaptation de « Ça » au cinéma la semaine prochaine, mais bien d’un livre écrit il y a plus de 30 ans, se déroulant dans un monde futuriste et où les femmes se font violer avec pour couverture, la normalité de la procréation dans un monde devenu infertile. Bienvenue dans l’univers de « La servante écarlate », phénomène de société de l’Amérique de Trump, mais pas seulement.

« The Handmaid's Tale », « La Servante écarlate », selon son titre français, est un livre de science-fiction. Ou plutôt, une contre-utopie. À la façon d’un George Orwell et son cultissime « 1984 » ou d’un Aldous Huxley et son « Meilleur des mondes », Margaret Atwood a livré l’un des livres les plus anxiogènes de notre siècle.



Publié en 1985, « The Handmaid's Tale » raconte l’histoire de June, rebaptisée Defred. Servante écarlate au sein de la terrifiante république de Gilead, la jeune femme y narre son histoire. Alors que la religion est devenue politique, que le régime est désormais totalitaire et que la population est pour la plupart stérile, les femmes sont divisées en trois catégories. Les Épouses sont les seules ayant du pouvoir et dominent leur Maison, les Marthas entretiennent la maison et s'occupent de la cuisine et enfin les Servantes écarlates servent à la reproduction du maître des lieux. Les autres, trop âgées, trop rebelles ou infertiles, sont envoyées aux Colonies où le nettoyage des déchets toxiques les attend.



Pour survivre psychologiquement aux Cérémonies, doux nom employé par ce monde dégénéré pour les viols mensuels, Defred se remémore le temps où elle se nommait June, où son mari l’avait séduite, leur fille, sa meilleure amie, sa mère… mais aussi ces instants où tout à commencer sournoisement et silencieusement à mal tourner. Et si June est devenue une esclave sexuelle, sa vivacité d’esprit n’en est que mieux enfouie, prête à bondir.



Esclavagisme sexuelle encadré



Le talent de Margareth Atwood réside probablement en premier lieu en une écriture rythmée. Les descriptions sont semblables aux images que l’œil envoie spontanément au cerveau. « Une chaise, une table, une lampe, deux rideaux blancs », le lecteur s’insère dans le monde de Gilead avec une facilité déconcertante, qui lui vaudra ses peurs, ses frustrations, ses dégoûts. Très rapidement.



Le récit est ponctué de flash-backs. De son passé de femme, à son statut de servante éclatante en passant par son apprentissage de l’esclavagisme sexuelle avec la rugueuse Tante Lydia, l’histoire de June/Defred passionne. Aussi parce que le livre n’est pas un tissu de théories données pour élever les consciences, les personnages possèdent tous une psychologie tellement complexe. Voici sûrement là le second tour de force de Margaret Atwood. Sans oublier qu’ils sont nombreux à tourner autour de l’univers restreint de June/Defred : Commandant, Épouse, Martha, le chauffeur du Commandant, les autres servantes qu’elle retrouve pour des rituels cauchemardesques… Et pourquoi pas même un réseau secret prêt à renverser Gilead… Sans oublier que dans la république de Gilead, la servante écarlate peut être portée sur un piédestal (avant une chute plus magistrale encore) lors de sa grossesse tant désirée par la société. Une intrigue ficelée de toutes parts. À Gilead, être fertile est un malheur, sauf si l’on considère que les Colonies n’entraînent pas la mort (opinion risquée).



La naissance d’un manifeste anti-Trump



Et en termes de fertilité, l’histoire de l’œuvre parle d’elle-même. Vendu à des millions d’exemplaires à travers le monde depuis sa parution, l’année 2017 l’a fait renaître. En avril dernier, la plate-forme de vidéo à la demande Hulu, concurrente de l’écrasante Netflix, a la bonne idée de diffuser l’adaptation du roman. Menée par un casting proche de la perfection, le duo Elisabeth Moss (June/Defred) et Yvonne Strahovski (l’Épouse) laissant le spectateur à bout de souffle lors de chacune de leur rencontre, la série est saluée par l’ensemble de la critique mais surtout, elle a un succès retentissant auprès du public. Une ambiance glaçante, une sobriété de ton, une société étouffante, tout y est. Une réussite qui a poussé Hulu à produire une seconde saison. Une nouvelle qui réjouira lecteur et téléspectateur tant l’envie de suivre June/Defred est virale. Et si la saison 1 respecte la trame narrative du livre, la saison 2 sera donc une création. Et pour cela, Margaret Atwood viendra en aide aux scénaristes. Quoi de mieux ? 



"Les meilleurs récits dystopiques sont universels et intemporels. Écrit il y a plus de trente ans, La Servante écarlate éclaire d’une lumière terrifiante l’Amérique contemporaine." 

Télérama



Second coup de pouce à la notoriété de « The Handmaid's Tale », Emma Watson, célèbre Hermione dans la saga Harry Potter, devenue actrice de renom et défenseur des Droits des femmes, a profité de sa venue dans la capitale française, en juin dernier, pour répartir 100 exemplaires de « La Servante écarlate » dans Paris, chacun accompagné d'une dédicace en français rédigé par l'actrice elle-même. Une chasse aux livres et aux idées. 

Surtout outre-Atlantique. « Je dois vous avouer, j'ai manipulé l'élection », a d’ailleurs dernièrement plaisanté Margaret Atwood, consciente du lien entre son nouveau succès et l’accession de Donald Trump à la Maison blanche. Lors de la marche des femmes en janvier dernier, une pancarte affichée « Rendez Margaret Atwood à la fiction ». Et le mouvement prend de l’ampleur. Entre déclarations chocs et décisions alarmantes, le Président américain a fait du phénomène un symbole de révolution. Le personnage de la servante écarlate étant devenu le visage de la condition féminine opprimée, bon nombre de femmes se vêtissent désormais telle June/Defred lors de manifestations, à savoir, une longue robe rouge écarlate et une cornette blanche couvrant le visage. 

Mais il serait cruel de cantonner « The Handmaid’s Tale » à un simple conte féministe. C’est une claque sociétale que prend le lecteur. Droit des femmes, tragédie environnementale, exploitation de l'homme par l'homme… Lentement, progressivement, la république de Gilead s’est installée. Avec une vraisemblance déconcertante et des détails si proches des sociétés actuelles que « The Handmaid's Tale » rappelle avant tout la fragilité de nos libertés.



C’est un appel à la vigilance, pour que l’œuvre de Margaret Atwood soit un livre de science-fiction. Ou plutôt, une contre-utopie…



Synopsis



« Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d’esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred, « servante écarlate » parmi d’autres, à qui l’on a ôté jusqu’à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de son épouse. Le soir, en regagnant sa chambre à l’austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler… En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté. »

Éditions Robert Laffont


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