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A LA RENCONTRE D’UN SAVOIR FAIRE LOCAL - Benoît Perdrix, un éleveur bio à Marboz bien dans ses bottes


La part du bio dans l’agriculture ne cesse de croître. Même si un tassement tout relatif est apparu pour certaines familles de produits, toutes les études montrent que les français ont durablement modifié leurs habitudes de consommation. Etre un agriculteur bio n’est plus aujourd’hui une pratique d’écolos ou de militants purs et durs. Benoît Perdrix a repris la ferme familiale en 2010. Ses parents étaient déjà engagés dans la démarche biologique depuis une dizaine d’années. Le sujet, il le connait donc depuis tout petit. Il n’est pas près de changer.

La ferme du Sorbier est située sur la commune de Marboz, à mi-chemin entre le village et celui de Foissiat. C’est là le domaine de Benoît : 105 hectares, dont 30 ha de céréales pour l’alimentation du bétail, 150 porcs en engraissement, et 60 vaches de race limousine pour un troupeau total de 160 bovins en comptant veaux et génisses. « Côté alimentaire, nous sommes en autosuffisance pour les bovins et à 60% pour les porcs. Car les cochons ont besoin de plus de protéines, alors je fais venir du soja bio en complément. Ça fait vite des coûts importants ». Benoît a repris la ferme familiale au 1er janvier 2010. Ses parents avaient 70 ha à l’époque. Ils élevaient bovins et volailles. « Bien avant, ils produisaient de manière traditionnelle et ils n’arrivaient pas à valoriser leurs productions. C’est là qu’ils se sont posé la question du bio. On a réfléchi ensemble. Ils sont passés au bio dix ans avant que je reprenne. Après, j’ai suivi des formations, aux lycées agricoles de Monmorot et aux Sardières. A Montmorot, c’était une formation spécifique pour le bio ».


Produire et vendre localement


Ayant repris la ferme, Benoît a arrêté la volaille, qu’il a remplacée par l’engraissement de porcs. Il a assumé seul toutes les tâches pendant 2 ans, s’appuyant sur des prestataires en boucherie. Puis, il a embauché une personne pour la transformation des produits. Il a dû aussi trouver des débouchés, puisque pour lui fabriquer un produit de qualité n’a de sens que s’il arrive rapidement dans l’assiette de la personne qui saura les apprécier. « Et puis, il y a 2 ans, j’ai décidé de créer un temps plein en boucherie, pour travailler la découpe plusieurs fois par semaine, afin de mieux préparer notre viande au frais ».  Il a également revu ses circuits de distribution. En supprimant pratiquement tous les points de vente sur Lyon, sauf une petite épicerie, il a privilégié les circuits très courts : une AMAP à Ste Bénigne, les 2 marchés à Bourg en Bresse, le marché bio de St Denis-lès-Bourg, 2 magasins de producteurs à Ste Bénigne et à St Amour. S’il souhaiterait pouvoir agrandir ses surfaces pour s’essayer à la culture du soja, ce qui limiterait les coûts de fonctionnement, ce n’est pas un objectif immédiat. « On veut se développer sur place. Je ne veux pas faire des bornes. Au-delà de 5 km, ce n’est pas viable ». Surtout, Benoît Perdrix ne désire pas mettre en péril le parfait équilibre actuel. « Le bio, y a aucun doute qu’on peut y arriver. On est un peu plus lié au contexte climatique, surtout pour les céréales. Les années de sècheresse, on s’en sort mieux que le traditionnel. Le désherbage mécanique est meilleur pour le sol, si on arrive à passer au bon moment. Ensuite, on a moins à gratter le sol. S’il y a un peu trop de pluviométrie, les pertes principales sont dues aux champignons. Il n’y a pas beaucoup de traitements adaptés ». Ayant supprimé les intermédiaires, notre éleveur bio gagne correctement sa vie. Il est parfaitement épanoui dans ses pratiques, sachant qu’il satisfait des consommateurs avertis, tout en respectant les terres sur lesquelles il passe la majeure partie de son temps. Quand le travail rime avec le mot valeurs.


Le bio dans l’agriculture française (données 2020)

2,5 millions d’ha cultivés en bio (X 2 en 5 ans), soit 9,5% de la surface agricole utile, 53 255 exploitations (+13% en 1 an) totalisant  200 544 emplois (+12%).

Les français achètent en bio 31% de leur épicerie, 17% de leurs fruits et légumes, 15% de leur crémerie, 9% de leurs viandes, 8% de la boulangerie et 7% des produits de la mer

La consommation de produits bio pèse 13,2 milliards d’euros. 67% des produits bio consommés sont français, mais c’est 99% pour le lait et l’alcool, 98% pour les produits laitiers, et 95% pour les viandes.


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