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Vie des quartiers - Le secteur du Pont de Lyon à l’aube d’une nécessaire mutation


  • © Archives municipales Bourg-en-Bresse
Le site délimité par le Pont de Lyon, le carrefour Pierre Semard - Jean Jaurès et la rue Général Delestrain est constitué principalement de voies de circulation fortement utilisées, d’une friche industrielle, et de bâtiments désaffectés. La Ville prépare depuis plusieurs années un réaménagement de la circulation dès la sortie du pont, chantier qui entrera prochainement dans une phase active. Le département, propriétaire d’une large partie du foncier et des bâtiments de l’ancienne Brasserie et de l’INSPE (ex-école normale), réfléchit à un projet visant à redynamiser ce secteur.

Les constats existent depuis longtemps, ce que nous rappelle Claudie Saint-André, adjointe déléguée à l’urbanisme et à l’aménagement. « C’est un site un peu complexe parce qu’il y a différents types de problèmes à résoudre. Le site dépend de multipropriétaires, dont le département. Il a fallu d’abord régler les problèmes de propriété, en se rendant acquéreur d’un certain nombre de parcelles, et en procédant à des échanges fonciers avec le département. La rue Jules Ferry est un goulot d’étranglement pour la petite rocade, avec tout ce que cela comporte de nuisances sonores et de pollution. La friche industrielle, suite au départ de l'entreprise Quinson-Fonlupt, a une partie polluée, ce qui nous contraint à ne prévoir que des aménagements paysagers ». Le projet de la ville, dont les détails seront prochainement dévoilés, s’appuie principalement sur une modification de la voirie (voir plan). Un rond-point sera aménagé à la sortie du pont. Les voitures désirant poursuivre en direction du boulevard Jules Ferry emprunteront toujours la rue de l’école normale. Mais le tracé de celle-ci sera dévié pour rejoindre le carrefour de la rue Général Delestraint avec le boulevard Jules Ferry. Il supprimera de fait les 2 petits parkings situés actuellement sur la gauche de la rue. Une "barrette" permettra la jonction avec le boulevard Jules Ferry. Le parking situé contre le mur de l’INSPE sera agrandi et arboré. Il  jouera le rôle de parking d’entrée de ville. Le boulevard Jules Ferry, après l’intersection avec la "barrette" sera réservée au trafic des riverains, qui devraient dès lors retrouver une tranquillité qui avait disparu. Il sera en sens unique, depuis l’avenue Pierre Semard. Dans la continuité du rond-point, le carrefour Jaurès – Semard sera également réaménagé. Le futur plan vélo a été intégré au projet, puisque le réseau vélo-express bénéficiera d’une double voie réservée depuis la gare jusqu’au carrefour avec la rue Gal Delestraint, en passant par la rue de l’école normale. Ce réseau devrait, d’ici quelques années, rejoindre le carrefour de l’Europe. Enfin, l’ex-station-service, déjà propriété de la ville, sera peut-être aménagée en petit square. L’échéancier du projet prévoit les premières démolitions d’ici la fin de l’année, la modification des réseaux pour 2022, et l’achèvement du projet en 2023.


L’ancienne Brasserie de Bourg au centre de tout projet


Après l’agrandissement du campus de la Charité, qui débutera en 2022, l’INSPE déménagera dans les nouveaux locaux construits. Les bâtiments de l’ancienne Ecole Normale accueilleront ensuite un certain nombre de services du département : les affaires culturelles, le patrimoine, la direction des musées et les archives départementales. Il se pourrait, en cas de besoin, qu’un ou plusieurs bâtiments soient alors construits sur le terrain situé entre l’ESPE et la voie ferrée. Le site de l’ex- Brasserie de Bourg, de par son emplacement, est au cœur du futur réaménagement du quartier. Cette entreprise historique, une des plus anciennes de la ville, avait dû laisser, en 1960, son emplacement pour la construction de la Poste. Elle s’était installée sur le site du Pont de Lyon en lieu et place de l’usine Radior. Celle-ci avait été construite en 1919 et avait cessé ses activités en 1955. La Brasserie ayant fermé ses portes, aucune solution n’a pu, depuis, être trouvée pour installer une nouvelle activité industrielle dans les bâtiments. Le département prévoit donc de faire appel à un investisseur privé pour proposer un projet qui redynamise le site. Pour le moment, le dossier est toujours en phase d’étude. Contrainte imposée, la façade de la Brasserie devra être conservée. Le P.L.U. autorise, sur la zone, de l’habitat et de l’activité tertiaire. Un mixte en mesure de renforcer l’attractivité de la cité burgienne.

L’histoire du Pont de Lyon en deux épisodes

L’invention et le développement du chemin de fer provoquèrent de nombreux bouleversements, tant bien sûr pour les déplacements des personnes que dans l’aménagement des villes et des villages. Après l’avoir fortement réclamée, la Ville de Bourg accueille une première liaison ferroviaire Lyon – Bourg-en-Bresse, à partir de 1856. La voie de chemin de fer coupe en deux le haut de la ville et devient une frontière franchissable uniquement en deux points, les passages à niveau du mail et du faubourg de Lyon. La création de nouvelles lignes fait alors de la gare de Bourg un nœud ferroviaire important, avec comme conséquence directe, l’augmentation très importante du trafic. Les barrières sont fréquemment fermées, provoquant l’agacement de la population, notamment rurale. Dès lors, de nombreuses voix s’élèvent pour réclamer la construction urgente d’un pont, afin d’avoir une circulation plus aisée. Après avoir longtemps freiné des 4 fers, la municipalité burgienne vote finalement sa construction en 1900, et les travaux démarrent effectivement en 1905. De nombreux ouvriers sont employés sur le chantier. De larges remblais sont aménagés à ses extrémités pour permettre le franchissement aérien des voies. Le pont est  constitué d’une arche centrale métallique s’appuyant sur des culées en pierres, percées de chaque côté d’une voute pour le passage des voies secondaires. Le pont est achevé en 1906.


Acte 2 : le pont dynamité


Dans la nuit du 3 au 4 septembre, en pleine débâcle après la bataille de Meximieux, les allemands font sauter leurs stocks de munitions dans la forêt de Seillon. Ils dynamitent également le pont de Lyon pour freiner l’avancée des troupes américaines. Celles-ci libéreront la ville de Bourg-en-Bresse le lendemain matin. Un ouvrage provisoire en bois sera mis en place qui fera office jusqu’en 1951. Il sera remplacé par le nouveau pont qui sera inauguré le 31 juillet de cette année-là, jour pour jour  45 ans après l’inauguration du 1ier pont. Construit en béton armé par l’entreprise Maillard et Duclos, le pont de Lyon est constitué d’une seule portée reposant en son centre sur une série de piliers en pierres. Il s’avère d’excellente facture car il n’a pas connu d’évolution depuis. Il n’est pas non plus concerné par le réaménagement à venir de la circulation à son extrémité nord. 


Sources : 

Bourg de A à Z de Maurice Brocard – Editions de la Taillanderie - 1986

C’est à Bourg n°265 - Le magazine des burgiennes et des burgiens - 2021


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